Ces deux textes sont issus de l'atelier critique qui a eu lieu durant le
festival, dirigé cette année par Antoine Thirion, critique.
Entre chien et loup
Par Charlotte Ansene
Et ils gravirent la montagne relate la fuite de deux jeunes amis au travers des montagnes, dans une nature désertée par toute trace de l'Homme. Perdus dans des paysages vallonnés de forêts verdoyantes, leur destin les conduit à trouver, par hasard, un étrange téléphone récitant mécaniquement d'inquiétantes paroles. Celui-ci amorce concrètement une déconnection de la réalité pour Fanny et Simon, que Jean-Sébastien Chauvin place au centre de son film. Ainsi, il ne s'agit pas seulement pour les personnages principaux d'échapper aux représailles d'un patron violent mais surtout de rompre avec l'univers réaliste dans lequel ils étaient ancrés. Leur errance s'entremêle alors de féérie et revêt la forme d'un conte où la voix envoûtante émanant du téléphone s'apparente à un oracle, une autorité supérieure fascinant les deux jeunes personnes. D'abord terrorisés par les appels intempestifs de cet objet, ils se lancent finalement à corps perdus à sa poursuite, obsédés littéralement par ces échos. La maison vers laquelle ces appels aboutissent souligne l'idée de transition, de frontière, de passage rythmant l'intrigue. Le fait de traverser prime finalement sur le reste. La temporalité du film s'en trouve indéterminée : le spectateur est à la transition de deux phases primordiales d'une journée : il est à la fin du jour et au début de la nuit, entre l'aube et le crépuscule. Les personnages sont d'ailleurs souvent filmés à contre-jour, placés de fait entre deux états. Il en va de même de la nature de leur relation : entre amis et amants, la complicité qui les lie est grandissante. La maison est un portail, une plateforme, un moyen d'accéder à un absolu d'où ceux qui sortent marchent et s'arrêtent comme ensorcelés pour contempler le ciel étoilé. Un baiser de conte suffit à éveiller les esprits endormis. La nature est un refuge synonyme de sérénité : l'hostilité du début s'évanouit. L'artifice des technologies censées permettre la communication se transforme et s'intègre à une nature rassurante : le téléphone, comme le couple, devient une étoile.
Nessie en Afrique
Par Morgane Pailler
Documentaire réalisé par Marie Voignier, L'Hypothèse du Mokélé-Mbembé ne traite pas de la découverte d'une espèce animale inconnue. C'est plutôt la poursuite acharnée et vaine d'un rêve : prouver l'existence du Mokélé-Mbembé, serpent géant mythique aperçu, dit-on, au Cameroun. Au beau milieu de la jungle camerounaise, on nous entraîne dans la quête de témoignages d'un explorateur français qui, faute d'images prouvant sa présence, tente d'en faire le portraits à partir des descriptions qu'on lui en donne. Plus le film avance, moins notre regard se tourne sur l'objet de la quête. La répétition de témoignages farfelus et contradictoires, au fil de séquences vidéos de plus ou moins bonnes qualités durant différentes expéditions, fait réfléchir. Dès le début, on s'interroge sur la véracité du monstre, remis en question par des témoignages embrouillés, décrivant tout du serpent au dinosaure à tête de mouton. Alors que le mystère s'essouffle, l'autre côté du film apparaît : on se pose autant de questions sur le fond du film que sur l'enquête même. On ne cherche plus à savoir si le monstre existe, mais on s'intéresse au paysage, à la culture du Cameroun, à ses mythes parlant d'esprits et de démons. Population qui ne semble plus si crédule lorsque l'on apprend que les plus précieuses ressources se trouveraient là où se cache le Mokélé-Mbembé, ou que le monstre est accusé de voler des défenses d'éléphant. Dans une enquête qui dure et tourne en rond sur les rivières, le Mokélé-Mbembé devient le Loch Ness de l'Afrique centrale, une éternelle hypothèse.
Bernard Benoliel présente Les Affameurs d'Anthony Mann
Gilles Lévy, soirée de clôture
Catherine Bizern,
soirée de clôture
Cyril
Mennegun, prix du public pour Louise Wimmer
Alessandro Comodin, Grand Prix du long métrage
pour L'été de Giacomo
Davy Chou, prix One+One pour Le Grand sommeil
Laure Calamy, prix
d'interprétation pour Un monde sans femmes
Kamal Lazraq, Grand Prix du court métrage pour
Drari

Fête de clôture à la salle des fêtes de
Belfort
Catherine Bizern, Lisa
Heredia et Rosette, présentation du Rayon vert d'Eric Rohmer
Jean-Claude Brisseau à sa leçon de cinéma
Forum
public : "C'est pas donné !"
Catherine
Bizern sur Flux 4
Jean-Pierre Chevènement