Entrevues au jour le jour - le blog du festival de Belfort

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mercredi 7 décembre 2011

Atelier critique

Ces deux textes sont issus de l'atelier critique qui a eu lieu durant le festival, dirigé cette année par Antoine Thirion, critique.

Entre chien et loup

Par Charlotte Ansene

Et ils gravirent la montagne relate la fuite de deux jeunes amis au travers des montagnes, dans une nature désertée par toute trace de l'Homme. Perdus dans des paysages vallonnés de forêts verdoyantes, leur destin les conduit à trouver, par hasard, un étrange téléphone récitant mécaniquement d'inquiétantes paroles. Celui-ci amorce concrètement une déconnection de la réalité pour Fanny et Simon, que Jean-Sébastien Chauvin place au centre de son film. Ainsi, il ne s'agit pas seulement pour les personnages principaux d'échapper aux représailles d'un patron violent mais surtout de rompre avec l'univers réaliste dans lequel ils étaient ancrés. Leur errance s'entremêle alors de féérie et revêt la forme d'un conte où la voix envoûtante émanant du téléphone s'apparente à un oracle, une autorité supérieure fascinant les deux jeunes personnes. D'abord terrorisés par les appels intempestifs de cet objet, ils se lancent finalement à corps perdus à sa poursuite, obsédés littéralement par ces échos. La maison vers laquelle ces appels aboutissent souligne l'idée de transition, de frontière, de passage rythmant l'intrigue. Le fait de traverser prime finalement sur le reste. La temporalité du film s'en trouve indéterminée : le spectateur est à la transition de deux phases primordiales d'une journée : il est à la fin du jour et au début de la nuit, entre l'aube et le crépuscule. Les personnages sont d'ailleurs souvent filmés à contre-jour, placés de fait entre deux états. Il en va de même de la nature de leur relation : entre amis et amants, la complicité qui les lie est grandissante. La maison est un portail, une plateforme, un moyen d'accéder à un absolu d'où ceux qui sortent marchent et s'arrêtent comme ensorcelés pour contempler le ciel étoilé. Un baiser de conte suffit à éveiller les esprits endormis. La nature est un refuge synonyme de sérénité : l'hostilité du début s'évanouit. L'artifice des technologies censées permettre la communication se transforme et s'intègre à une nature rassurante : le téléphone, comme le couple, devient une étoile.

Nessie en Afrique

Par Morgane Pailler

Documentaire réalisé par Marie Voignier, L'Hypothèse du Mokélé-Mbembé ne traite pas de la découverte d'une espèce animale inconnue. C'est plutôt la poursuite acharnée et vaine d'un rêve : prouver l'existence du Mokélé-Mbembé, serpent géant mythique aperçu, dit-on, au Cameroun. Au beau milieu de la jungle camerounaise, on nous entraîne dans la quête de témoignages d'un explorateur français qui, faute d'images prouvant sa présence, tente d'en faire le portraits à partir des descriptions qu'on lui en donne. Plus le film avance, moins notre regard se tourne sur l'objet de la quête. La répétition de témoignages farfelus et contradictoires, au fil de séquences vidéos de plus ou moins bonnes qualités durant différentes expéditions, fait réfléchir. Dès le début, on s'interroge sur la véracité du monstre, remis en question par des témoignages embrouillés, décrivant tout du serpent au dinosaure à tête de mouton. Alors que le mystère s'essouffle, l'autre côté du film apparaît : on se pose autant de questions sur le fond du film que sur l'enquête même. On ne cherche plus à savoir si le monstre existe, mais on s'intéresse au paysage, à la culture du Cameroun, à ses mythes parlant d'esprits et de démons. Population qui ne semble plus si crédule lorsque l'on apprend que les plus précieuses ressources se trouveraient là où se cache le Mokélé-Mbembé, ou que le monstre est accusé de voler des défenses d'éléphant. Dans une enquête qui dure et tourne en rond sur les rivières, le Mokélé-Mbembé devient le Loch Ness de l'Afrique centrale, une éternelle hypothèse.

mardi 6 décembre 2011

Une journée à EntreVues - Drari et Nana

Comme tous mes camarades, je suis arrivée tout juste à la séance de 12h15, jeudi 1er décembre pour visionner les films. Mais ce jour là j'avais décidé de voir Drari et Nana et je n'y ai pas dérogé:

Drari

J’ai donc commencé ma journée avec en allant voir Drari, de Kamal Lazraq. Drari c’est l’histoire d’amitié entre deux jeunes hommes au Maroc. Il y a d’abord Mohammed, un jeune marocain noir d’Ouarzazate, qui doit pour vivre travailler à l’entretien du jardin d’une riche famille. Il y a ensuite Ghali, un jeune marocain blanc de Casablanca, issu d’une illustre famille bourgeoise chez qui travaille Mohammed. Ces deux là sont amis, malgré le poids des traditions et des blocages de la société marocaine. On les suit alors dans leur quotidien au cœur de Casablanca ou dans un road-trip avorté avec une fille qui n’est ni leur sœur ni leur femme.

Les images, les faits mais aussi les attitudes prennent le pas sur le son et les dialogues dans le film. Les dialogues sont tous en arabe, ce qui ajoute, pour moi, une poésie au film. Je me suis laissée transportée par ce film, entre documentaire et fiction, dans la découverte de la société marocaine actuelle qui oscille entre modernité et conservatisme et dans l’histoire universelle d’une amitié ente deux jeunes hommes (la drogue, les filles, la bagarre, le foot, la famille,…). Je me suis sentie gênée pour Mohammed qui, dans sa relation avec Ghali, joue un rôle du dominé et qui pourtant ne s’en formalise pas outre mesure. C’est dans cette relation dominant/dominé que j’ai compris tout le poids de la tradition de caste qui semble encore très encrée au Maroc.

Nana

La séance s’est poursuivie avec Nana de Valérie Massadian. L’histoire s’ouvre sur la mise à mort d’un cochon par un exploitant agricole. Des enfants sont là et regardent. Nana c’est la petite fille de 4 ans qui crie au son du coup de feu (comme quelques personnes dans la salle mais pas moi j’avais fermé les yeux). On la suit alors dans sa vie au cœur de la campagne, au cœur de la nature. Elle y est bien, avec son papi qui lui tient la main. Il lui fait découvrir l’exploitation porcine en lui montrant les porcelets, les vaches qui sont effrayantes, les pissenlits et le piège à lapin. Les scènes sont tendres et déjà le public s’attache. Puis on découvre la vie de Nana avec sa maman. Elles vivent toutes les deux dans une vieille maison, au confort sommaire, au fond d’une forêt. Mais on sent la maman nerveuse, parfois brusque avec Nana et parfois encore éteinte, absente. Puis un jour Nana, cartable rose trop grand sur le dos, bottes de pluie roses et jupette, rentre toute seule de l’école, personne n’est venu la chercher. Personne n’est là pour l’accueillir à la maison non plus. Commence alors pour l’enfant un quotidien solitaire où elle doit se débrouiller toute seule. Elle s’organise, se débrouille seule. Du haut de ses 4 ans, elle n’a besoin de personne au fond de cette forêt et assure les tâches quotidiennes.

Au début le public s’en amuse et trouve adorable ce tout petit brin de femme indépendante et moi avec. Mais la salle finit par s’indigner peu à peu : « Mais enfin où est la mère ? » demande ma voisine. Je m’impatiente, je commence à trouver le film longuet et attend le fin mot de l’histoire. C’est finalement le papi qui viendra récupérer Nana et ses jouets : elle redevient, enfin, une petite fille. C’est finalement un premier film très esthétique et très poétique, entre la nature, ses couleurs, ses sons et les rires d’enfants mais il reste du début à la fin très surprenant et me laisse un peu perplexe.

Enfin, tout a fait personnellement, entre le sacrifice d’un mouton (enfin je crois) dans Drari, puis la mise à mort d’un cochon dans Nana j’avoue avoir été assez brusquement bousculée dans ma sensibilité de « petite urbaine ».

lundi 5 décembre 2011

Photos du 3 décembre 2011

                                 Bernard Benoliel présente Les Affameurs d'Anthony Mann

                                                         Gilles Lévy, soirée de clôture
               
   
                                                   Catherine Bizern, soirée de clôture
 
                                Cyril Mennegun, prix du public pour Louise Wimmer
    

                 Alessandro Comodin, Grand Prix du long métrage pour L'été de Giacomo


                                                                    Le jury One+One
 
                                    Davy Chou, prix One+One pour Le Grand sommeil


                           Laure Calamy, prix d'interprétation pour Un monde sans femmes


                                 Kamal Lazraq, Grand Prix du court métrage pour Drari





                                                                                                                                      Véronique Huber, fête de clôture
  
  
                                            Fête de clôture à la salle des fêtes de Belfort

Photo du 2 décembre 2011

      Catherine Bizern, Lisa Heredia et Rosette, présentation du Rayon vert d'Eric Rohmer

                                         Jean-Claude Brisseau à sa leçon de cinéma

                                                     Forum public : "C'est pas donné !"


                                                      Catherine Bizern sur Flux 4
                                                                         
                                                           Jean-Pierre Chevènement
                                                               

dimanche 4 décembre 2011

Le Palmarès 2011


Grand Prix

L'Eté de Giacomo de Alessandro Comodin (France-Italie-Belgique)


Prix du film français

Dernière séance de Laurent Achard


Mention spéciale du jury

OK, Enough, Goodbye de Rania Attieh et Daniel Garcia (Liban)


Prix du court métrage

Drari de Kamal Lazraq (France)


Prix d'interprétation Janine Bazin

Laure Calamy dans Un monde sans femmes

Daniel Arzrouni dans Ok, Enough, Goodbye


Prix One+One

Le Sommeil d'or de Davy Chou (France, Cambodge)

Mention spéciale : Le Marin masqué (Sophie Letourneur, France)


Prix Documentaire sur Grand Ecran

L'Eté de Giacomo d'Alessandro Comodin (France-Italie-Belgique)


Prix du public long métrage

Louise Wimmer de Cyril Mennegun (France)


Prix du public court métrage

Un monde sans femmes de Guillaume Brac (France)

samedi 3 décembre 2011

Programmation du 4 décembre

A 11h :

-Salle 11 : La Rivière de nos amours d'André De Toth

-Salle 12 : Céline de Jean-Claude Brisseau

-Salle 14 : Octobre à Paris de Jacques Panijel

-Salle 15 : Charlie et la chocolaterie de Tim Burton

A 16h15 :

-Salle 10 : Bianca de Nanni Moretti

-Salle 12 : Comment savoir ? de James L. Brooks

-Salle 14 : Sept hommes à abattre de Budd Boetticher

A 18h30 :

-Salle 10 : Meurtre d'un bookmaker chinois (The Killing of a Chinese Bookie) de John Cassavetes

-Salle 12 : Seuls les anges ont des ailes (Only Angels Have Wings) d'Howard Hawks

-Salle 14 : Le Rayon vert d'Éric Rohmer

-Salle 14 : Une histoire qui se dessine de Rosette, avec la complicité d'Éric Rohmer

Les bruits de couloirs.

Pour une fois, on a réussi à interviewer pas mal de monde au Festival vendredi. On a recueilli leur impressions sur le festival, leurs avis sur les films...

Côté public :

et côté coulisse...

Journal du 3/12/2011


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